Domaine Boingnères
L'histoire d'une passion
Le 20 juin 1807, Jean Boingnères achète le domaine qui va se transmettre de génération en génération. Dans la première moitié du vingtième siècle, Jean Baptiste Boingnères, son descendant, distille déjà d'excellentes eaux de vie. Raymond Beaudoin, fondateur de la revue des vins de France, les découvre et les fait aussitôt expédier aux grands restaurants de l'époque : Point à Vienne, Dumaine à Saulieu, Vrinat à Paris, etc.
A la mort de ce dernier, en 1953, Léon Lafitte, son gendre, reprend les rênes du domaine et va lui donner toute son ampleur. En 1956, tombé grièvement malade, à la suite de cinq années de captivité, il abandonne son métier de courtier et se consacre exclusivement à l'élaboration de ses Grands Bas-Armagnacs.
Durant quarante ans il recompose avec passion le vignoble, en plantant des cépages nobles : Folle Blanche, Ugni Blanc, Colombard. Malgré les critiques, il continue et construit un chai de vinification à presses horizontales puis, afin de maîtriser la distillation de ses eaux de vie, fait installer un alambic de type Sier ainsi qu'un nouveau chai de vieillissement. A son décès, en 1994, le stock s'élève à 1128 hls contre seulement 80 hls en 1953.
A Martine Lafitte, sa fille, revient la lourde tâche de reprendre le flambeau. Elle le fera avec maestria, poursuivant avec ferveur, malgré sa difficulté, la culture du cépage historique "la Folle Blanche". C'est avec une truculence toute gasconne qu'elle parle si bien de ses eaux de vie qui, dit-elle, ne sont pas faites avec "l'eau des Highlands" mais avec du VIN !
Une douce folie... blanche
Le Domaine de 21 hectares se situe au Frêche, au coeur du Grand-bas-Armagnac, sur des sables fauves. L'encépagement se compose pour plus de la moitié de Folle Blanche(11 ha), donnant des eaux de vie très fines, élégantes et bouquetées: il s'agit de la principale particularité du domaine. En effet, les difficultés liées à sa culture l'ont pratiquement faite disparaître et c'est bien à contre courant que Léon Lafitte décida, en 1966, d'en faire son principal cépage, pour le plus grand bonheur des connaisseurs. Quatre hectares d'Ugni blanc et 4,5 hectares de Colombard complètent l'encépagement.
La vinification s'effectue sur deux presses horizontales "Vaslin" sous lesquelles deux cuves permettent de séparer les jus et de faire des assemblages de cépages à la vendange.
Après fermentation, le vin est distillé sur un Alambic de type Sier à 52° Gay Lussac. Enfin les Bas-Armagnacs sont stockés dans des fûts de chêne neufs pendant deux ans puis transvasés dans des fûts plus anciens ayant éliminé la plus grande partie de leurs tanins.
Qualité et tradition

Les Grands Bas-Armagnacs du domaine de Boingnères font partie des plus présents sur les tables de la grande restauration du monde entier. La spécificité voire l'heureuse exception de ses "100% Folle Blanche" rajoute à l'intérêt des connaisseurs.
En effet, on cultive ici la tradition dans ce qu'elle peut porter de qualité et l'on n'y élabore pas des alcools mais des eaux de vie avec tout ce que cela comporte d'art de vivre.
Le Domaine de Boingnères est membre de l’association des Crus Légendaires en Bas-Armagnac qui exige le respect d’une Charte de qualité sévère, en particulier sur l’obligation du vieillissement sous bois, l’interdiction de réduction du titre alcoolique et de toute sorte de vieillissement artificiel, ainsi que sur l’étiquetage (notamment la mention de la date de mise en bouteille) et sur le maintien d’un stock de vieillissement de 20 années minimum.
