La Dégustation
Un Grand-Bas-Armagnac ne se boit pas ; il se déguste. On pourrait parfaitement apprécier un grand millésime, uniquement à le sentir même s'il manquerait quelque chose au jugement. S'il est conseillé de servir 3 à 5 ml afin de percevoir l'ensemble des arômes, il suffira par la suite de déguster un seul millilitre pour apprécier une telle eau de vie.
La dégustation exige du temps, du calme, un certain confort et elle sera difficilement satisfaisante si elle n'est pas partagée: en parler ajoute au plaisir!
Bien sûr la tradition veut que l'on serve une eau de vie à la fin d'un bon déjeuner ou dîner. Il ne s'agit pas, pourtant, du meilleur moment pour l'apprécier. Dans ce cas, on patientera un moment après le repas afin de disposer ses papilles pour la dégustation.
Celle-ci se déroulera en trois phases : Mais avant toute chose, il est nécessaire de consulter l'étiquette pour connaître l'âge de l'armagnac.
La vue
L'examen visuel d'un Grand-Bas-Armagnac millésimé permet de juger de sa qualité et de son âge. Il devra être brillant et limpide et ne présenter aucune impureté. Au cours de son vieillissement, l'armagnac, translucide au sortir de l'alambic devient jaune paille à brun foncé en passant par de nombreuses nuances. Cette particularité ne vaut que pour des eaux de vie non réduites et n'ayant subi aucun ajout. On ne se laissera pas abuser par la belle couleur d'un VSOP obtenue après ajout de caramel.
Le nez
Il s'agit probablement de la phase la plus importante. Il est inutile, voire déconseillé de chauffer le verre par quelque moyen que ce soit, à moins qu'il ne fasse très froid. Dans ce cas, la température idéale de dégustation, entre 20 et 22°C, sera atteinte rapidement en tenant le verre dans la paume de la main. Il faudra également éviter de trop approcher son nez du verre pour ne pas l'anesthésier par l'alcool.
Dans un premier temps, en inclinant légèrement le verre vers soi, on sentira l'eau de vie du côté le plus haut du verre. On pourra alors en apprécier les premiers arômes.
On fera ensuite tourner l'eau de vie dans le verre pour aérer le Bas-Armagnac et percevoir de nouveaux parfums.
Enfin dans un troisième temps, on n'hésitera pas à casser le breuvage en secouant le verre avec vigueur, ce qui devrait permettre de dégager des arômes non débusqués jusque là. On aura ainsi une appréciation du bouquet et de l'équilibre du Bas-Armagnac.
Le goût
Là encore, pour ne pas laisser nos papilles dominées par l'alcool, il faudra les habituer. Pour ce faire, on prendra seulement quelques gouttes dans la bouche et on en humectera la langue et le palais.
Ce n'est que dans un deuxième temps que l'on prendra une petite gorgée que l'on fera tourner dans sa bouche en avalant éventuellement de l'air pour le rejeter par le nez. Après avoir avalé, il faudra expirer par le nez pour ressentir à nouveau toute une palette d'arômes. C'est ce que l'on appelle la rétro-olfaction. On jugera alors de l'équilibre, de l'harmonie et de la persistance ou " longueur en bouche " de cette grande eau de vie qu'est un Grand-Bas-Armagnac.
Les parfums de l'armagnac
Abricot, Banane, Cerise, Coing, Figue Framboise, Griotte, Mandarine (peau), Mirabelle, Pêche, Poire, Pomme, Prune, Raisin
Abricot cuit, Cédrat, Figue cuite, Mandarine confite, Noisette séchée, Orange confite, Pate de coing, Pomme cuite, Pruneau
Abricot sec, Amande grillée, Datte, Figue séchée, Noisette grillée, Pruneau
Camomille, Foin, Fougère, Menthe, Thé, Tilleul, Violette
Verveine séchée, Fougère séchée, Tilleul séché, Foin séché, Tabac, Mousse
Bois exotique, Cèdre, Chêne, Humus, Pin, Rancio
Canelle, Gingembre, Girofle, Muscade, Poivre, Réglisse, Safran, Vanille, Zan
Beurre, Café, Cire, Chocolat, Cuir, Fourrure, Pain grillé, Sable chaud, Terre
