Histoire
L'Armagnac est la plus ancienne eau de vie de France, voire du monde. On retrouve, dès le XIVème siècle, des manuscrits faisant mention de L'Aygue Ardente, (Eau Ardente). Les premiers documents commerciaux relatifs à cette eau de vie datent du XVème siècle. A la même période, sont mentionnés, selon l'abbé Loubès, les premiers alambics. Le négoce de ces eaux de vies s'est développé au XVIIème siècle avec les marins Hollandais. L'Aygue Ardente sert, alors, à la conservation des vins (avinage) et comme médecine. Elle est aussi consommée pure ou additionnée d'eau.
Le véritable développement de l'Armagnac date du début du XVIIIème siècle. C'est à cette époque qu'est mentionné la notion de terroir ou de cru. Ainsi le Bas-Armagnac est déjà reconnu par les amateurs.
Terroir
L'Armagnac comprend trois zones d'appellations contrôlées (AOC) :
- Le HAUT-ARMAGNAC : Région produisant des eaux de vie à boire jeunes
- L'Armagnac TÉNARÈZE : Eaux de vie corsées demandant un long vieillissement
- Le BAS-ARMAGNAC : A l'ouest du département du Gers et au Nord des Landes, cette région produit des eaux de vie complexes et raffinées. Selon Jean et Georges Samalens ( Le Livre de l'amateur d'armagnac) : Tous les connaisseurs, qu'ils soient de Navarre ou de France, accordent aux Bas Armagnacs la première place. Ce sont les plus fins, les plus bouquetés. Ce sont les seuls capables de s'améliorer encore après quinze, vingt ans de fût. C'est dans cette appellation que les amateurs avertis distinguent un terroir, Le GRAND-BAS-ARMAGNAC dont les eaux de vies constituent la quintessence de la plus vieille eau de vie de France
Le Grand-Bas-Armagnac
A la suite d'une vigoureuse bataille parlementaire, les trois appellations ont été reconnues en 1909. Victime de jalousies, l'appellation Grand-Bas-Armagnac ou «Grand-Bas» , terroir aussi qualifié de carré magique ou triangle d'or, ne fut pas retenue.
Comme le soulignent Henri Dufor et André Daguin ( L'Armagnac - Nathan - 1989) : […] les élus de Riscle et un viticulteur de Hontanx proposèrent la dénomination de «Grand-Bas-Armagnac».
Ces deux premiers mots ne passèrent pas dans les textes, mais s'inscrivirent profondément dans la mémoire collective, d'autant plus aisément qu'ils avaient été en quelque sorte, victimes des politiciens gersois qui, dès 1907 avaient fait barrage. […]
Le décret Fallière de 1909 ne reconnut donc pas la région des «Grand-Bas» […]. C'est un fait qu'aujourd'hui la grande restauration, par exemple,s'approvisionne constamment à cette source.
Cette appréciation est confirmée dans le livre de Fernand Cousteaux et Pierre Casamayor (Le Guide de l'amateur d'armagnac - Daniel Briand - Robert Laffont - 1985) : les Risclois proposaient eux aussi la subdivision de la zone d'appellation en trois parties, mais ils souhaitaient que ce découpage légalise tout simplement ce qui leur apparaissait comme la réalité des choses ; position au demeurant plus répandue qu'on ne le croit parmi les amateurs compétents. Leur découpage prenait en compte en effet la création d'une appellation «Grand Bas Armagnac» (incluant l'Armagnac landais) que l'usage tend d'ailleurs, 75 ans après, à reprendre et à répandre pour singulariser des eaux de vie véritablement remarquables et un «triangle d'or» de la production aux mérites exceptionnels . Et plus loin : [..] Depuis cette date, la tradition et les dégustateurs ont établi une hiérarchie immuable : le Bas-Armagnac est plus fin que la Ténarèze, avec à l'intérieur du Bas-Armagnac une frange magique, le Grand-Bas .
La confirmation de ce triangle d'or se retrouve chez Jean et Georges Samalens ( Le Livre de l'amateur d'Armagnac - SOLAR - 1975) : Dans la partie nord-ouest du Bas-Armagnac, le sous-sol est complètement argileux. Boulbène et argile superposés constituent le «terre-bouc&». C'est la région traditionnellement appelée le Grand Bas Armagnac . Ou encore chez Francis Darroze (darroze-armagnacs.com) : Les villages de Labastide d'Armagnac, Arthez d'Armagnac, La Frêche, Villeneuve de Marsan, La Bourdalat, Lacquy, Perquie, Hontanx, Mauléon d'Armagnac et du Houga accueillent des parcelles de Vigne produisant les meilleures eaux de vie de l'appellation. C'est ce que l'on appelait autrefois «le grand bas armagnac» .
On retrouve encore les mêmes appréciations dans le livre «L'armagnac, Un produit, Un pays» ( HERGES - Presse universitaires du Mirail - 1993) : Combinés à deux veines géologiques de sables fauves particulièrement propices (l'une au nord s'étirant de Lacquy à Mauléon d'Armagnac en passant par Le Frèche, l'autre plus au sud prenant en écharpe les communes de Perquie, Hontanx, et allant jusque vers Laujuzan, ils donneraient, après un long vieilissemnt dans des fûts en chêne blanc du pays, ces armagnacs exceptionnels, légers, aromatiques, presque féminins et en tout cas adaptés au goûts des connaisseurs actuels. Et au sujet des armagnacs Landais : Tout au plus on se contentait, non sans fierté d'être reconnu le meilleur parmi les armagnacs dans le cercle relativement fermé de la haute gastronomie parisienne ou régionale. Le meilleur avant même les célèbres cognacs et pour les seuls connaisseurs avertis : cette reconnaissance là suffisait à la fierté landaise. […] A la différence du Gers, le Bas Armagnac Landais s'oriente donc résolument et presque exclusivement vers une politique de qualité et de millésimes .
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